Les conférenciers

Intervenant à déterminer
Paul BALLANFAT, philosophe
Docteur en philosophie, maître de conférences en études turques et persanes à Lyon 3, actuellement détaché à l’université Galatasaray d’Istanbul, écrivain (« Ruzbekhan, le dévoilement des secrets »), orateur charismatique et libertaire décomplexé, il est l’un des spécialistes français du soufisme et de l’Islam traditionnel et fait le lien entre le Sacré et la philosophie (Hegel, Heidegger, Levinas) qu’il enseigne avec jubilation. Il poursuit actuellement plusieurs séminaires sur Nietzsche. C’est un fin connaisseur de Heidegger et de Derrida et plus généralement des philosophes du XX° siècle
Etienne BIMBENET, philosophe
Agrégé de philosophie et ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, il est actuellement professeur à l’Université Lyon 3. Spécialiste de philosophie contemporaine et sciences humaines, il a publié "Le problème anthropologique dans l’œuvre de Merleau-Ponty" dans lequel il nous explique que Merleau-Ponty embrassait l’ensemble des sciences sociales (psychanalyse, sociologie, anthropologie…) afin de mieux servir sa réflexion philosophique. Il s'inscrit d'ailleurs dans cette lignée et sa recherche comme son discours sont eclectiques et profondément lumineux. Il a écrit un ouvrage qui connut un grand retentissement : "Cet animal que je ne suis plus" sur la conscience animale.Il vient de publier "L'invention du réalisme" (Cerf)
Claude BIRMAN, philosophe
Agrégé de philosophie, professeur de Chaire Supérieure de philosophie à Paris en classes préparatoires et directeur de programme au Collège International de Philosophie, cet éminent spécialiste du judaïsme est un ancien élève de Levinas et un pédagogue exceptionnel auquel aucune problématique philosophique même complexe n’échappe. Il a écrit "Caïn et Abel aux origines de la violence". Il est aussi Maître de conférences à l'Institut d'Études Politiques de Paris et au Collège d'Études Juives de l'Alliance Israélite Universelle.
Jean-Paul BOUTELLIER, musicologue
Fondateur du festival Jazz à Vienne, il découvre la musique à travers les grands orchestres, Count Basie, Duke Ellington puis rencontre Charlie Parker. Il programme quelques concerts à travers le Jazz Club de Lyon mais c’est à Vienne, où il vit, qu’il crée une première « Nuit du Blues » en 1980 puis le festival de jazz de Vienne en 1981. Salué par ses pairs en 2005 lors des Victoires du Jazz pour la création du festival et l’ensemble de son «œuvre» pour le jazz en France, il reste cependant un homme discret, préférant l’action à la communication. "Jazz à Vienne" est le plus important festival de jazz de France par sa fréquentation et la qualité de sa programmation
Albert CICCONE, psychanalyste
Psychanalyste à Vienne, professeur de psychopathologie clinique à l’Université Lyon 2, il est un spécialiste de la psychopathologie de l’enfant. Il a notamment écrit : "Psychanalyse du lien tyrannique" et "Honte, culpabilité, traumatisme" en collaboration avec Alain Ferrant. Il vient de publier "La psychanalyse à l’épreuve du bébé" et "La violence dans le soin".
La naissance de la vie psychique et son développement sont les fondements de sa recherche et de ses publications. Excellent orateur, ses interventions sont toujours d'une extraordinaire densité et requièrent une profonde attention.
Danielle COHEN-LEVINAS, philosophe
Ancienne élève du Conservatoire National Supérieur de Musique, de l'Ecole Normale Supérieure de musique et de l'Université Paris IV et Paris I Sorbonne, Danielle Cohen-Levinas est philosophe et musicologue. Professeur à l'Université Paris IV Sorbonne depuis 1998, elle a fondé en 2008 le Collège des études juives et de philosophie contemporaine – Centre Emmanuel Levinas. Elle est chercheur-associé aux Archives Husserl de Paris à l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm. Ses domaines de recherches et de spécialisation sont : l'idéalisme musical allemand, l'opéra et la création musicale et artistique au XXè siècle (en particulier Schönberg), la philosophie contemporaine, la post-phénoménologie française et la philosophie juive allemande.
Quelques ouvrages parus :
- La voix au-delà du chant
- Emmanuel Levinas et le souci de l'art (direction de collectif
- Levinas et l'expérience de la captivité
- Lire Totalité et Infini
- Co-responsable avec Jean-Luc Nancy du 3ème volume des inédits d’Emmanuel Levinas, Eros, littérature et philosophie (Grasset/Imec, 2013)
- Une percée de l’humain, suivi de Etre juif d’Emmanuel Levinas (Payot/Rivage, 2015)
A paraître :
- Une métaphysique sans logos. Philosophie de Richard Wagner
André COMTE-SPONVILLE, philosophe
Moins people qu'un BHL, moins polémiste qu'un Onfray, moins pessimiste que Finkielkraut, A.C-S appartient au club très fermé des philosophes médiatiques, depuis l'immense succès de son "Petit traité des grandes vertus" en 1995. Apprécié du grand public pour sa clarté, il a continué à tracer son sillon avec l'application imperturbable d'un laboureur. C'est cette fidélité à lui-même qui lui permet aujourd'hui d'exposer, avec la force de la cohérence, les pierres angulaires de sa "demeure intellectuelle" dans un livre d'entretiens nourris, au titre emprunté à Montaigne : "C'est chose tendre que la vie".
A contre-courant de son époque fascinée par le structuralisme et la déconstruction, Comte-Sponville prône depuis toujours un certain classicisme. "L'originalité n'est pas mon propos. Mon but n'est pas de penser neuf mais de penser juste" affirme-t-il avec une honnêteté qu'on aurait tort de confondre avec de la modestie mal assurée. Au contraire il n'hésite pas à déboulonner quelques statues contemporaines. "Mécontent" des pensées de Deleuze, Barthes ou Derrida, il trouve le séminaire de Lacan "l'un des spectacles les plus ridicules que j'aie jamais vus" et de Lacan lui-même qu'il est grotesque et pontifiant. Toutes les avant-gardes lui paraissent en définitive des maniérismes ou des impasses. Plus proche de Lévi-Strauss, de Marcel Conche ou du philosophe du réel Clément Rosset, le penseur d'une spiritualité athée se revendique surtout "matérialiste comme Epicure, rationaliste comme Spinoza, humaniste comme Montaigne"

Bio fortement inspirée d'un article de Marie Lemonnier paru dans l'Obs 17-9-2015
Anne COSTANTINI, psychiatre et psychanalyste
Psychiatre et psychanalyste à Valence, auteure de nombreux travaux sur le travail et la violence dans la jeunesse
Anne DUFOURMANTELLE, philosophe et psychanalyste
Jean-Noël DUMONT, philosophe
Professeur agrégé de philosophie, enseignant en classe préparatoire à l’externat Sainte-Marie à Lyon et directeur du Collège Supérieur, cet éminent spécialiste de l’œuvre de Pascal et de toutes les philosophies de l’Antiquité grecque est un ancien élève de Deleuze dont il a surtout retenu l’art oratoire. Il a publié des ouvrages de référence sur l’« Apologie de Socrate », les « Pensées » de Pascal et plus récemment Charles Péguy (« Péguy, l’axe de détresse »). Il met son solide sens de l’humour au service d’un argumentaire en général incontestable. Comme un fil rouge chez ce philosophe impatient, l’exigence de justice, la dignité de l’homme, le refus de la compromission…
Docteur Serge DUPERRET, médecin réanimateur
Roland FAVIER, philosophe
Professeur agrégé de philosophie, enseignant en classes préparatoires à Grenoble et à Valence, il est un exceptionnel connaisseur d’Aristote et des philosophes les plus complexes du XX° siècle (Husserl, Heidegger, Wittgenstein, Derrida). Cette inquiétude philosophique authentique et puissante, très tournée vers l’étude du langage, lui permet d’innombrables perspectives vers la psychanalyse (Lacan) ou les philosophes de l’histoire et de la mémoire (Ricoeur, Fukuyama). Il faut savoir lire en creux les non-dits métaphysiques dans les discours de ce pédagogue rare et exigeant.
Alain FERRANT, psychanalyste
Professeur émérite de Psychopathologie clinique à l'Université Lumière-Lyon 2, psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris et auteur d'un certain nombre d'ouvrages qui portent tant sur les conduites d'emprise que sur le sentiment de honte (il a publié notamment "Honte, culpabilité, traumatisme" en 2008) Alain Ferrant est un très brillant orateur qui enthousiasme les Apprentis Philosophes autant par l'audace et l'humanité de ses exposés que par la finesse de ses analyses littéraires.
Il travaille régulièrement à deux voix et à deux plumes avec son ami Albert Ciccone et s'intéresse particulièrement au champ de la création littéraire, à travers des auteurs comme Céline, Maupassant, Rimbaud et Blaise Cendrars.
Eric FIAT, philosophe
Professeur agrégé et docteur en philosophie, il enseigne à l'université de Marne-la-Vallée où il dirige le mastère de philosophie pratique, option éthique médicale et hospitalière. Il consacre ses cours de philosophie à l’Ethique à Nicomaque d’Aristote, aux Fondements de la métaphysique des mœurs de Kant, et s’intéresse plus généralement à l’éthique : le mensonge, l’angoisse, la gratuité, la pudeur. C'est un orateur drôle et libéré dont les conférences chez les Apprentis Philosophes ont un énorme succès et remplissent totalement les amphis. Il vient de publier "Corps et âme"
Michaël FOESSEL, philosophe
Michaël Foessel intègre l'ENS de Fontenay Saint-Cloud en 1995 (rang 1) et obtient l'agrégation de philosophie deux ans plus tard (rang 1), puis soutient une thèse sur Emmanuel Kant et la question du monde en 2002. Après avoir été maître de conférences à l'université de Bourgogne, il est élu en 2013 professeur de philosophie à l'École polytechnique, où il succède à Alain Finkielkraut. Michael Foessel est également conseiller à la direction de la revue Esprit et depuis 2014 il dirige la collection l'Ordre philosophique aux éditions du Seuil avec Jean-Claude Monod.
Son travail actuel porte sur le sens et les risques de l'expérience démocratique.
Raphaël GLUCKSMANN, philosophe
Christian GODIN, philosophe
Philosophe, maître de conférences à l'université de Clermont-Ferrand, il est le rédacteur en chef de la revue Cités et l’auteur d'une quarantaine d'ouvrages parmi lesquels Négationnisme et totalitarisme, La Fin de l’humanité, Dictionnaire de philosophie, Le Triomphe de la volonté, et La Psychanalyse pour les Nuls. Dans la même collection, Christian Godin avait publié une Philosophie pour les Nuls. Il travaille actuellement à une Encyclopédie philosophique, thèmes et notions ainsi qu’à un triptyque consacré à l’identité, à la justice mondiale et à l’environnement.
Roland GORI, psychanalyste et essayiste
Psychanalyste à Marseille où il enseigne la psychopathologie clinique à l'université, il est l'auteur de nombreux ouvrages dont « De quoi la psychanalyse est-elle le nom ? » et « L’Empire des coaches ». Roland Gori est célèbre pour avoir lancé l’Appel des appels en 2008 soutenu par des dizaines de milliers de signataires. Le mouvement ne se contente pas de faire écho aux diverses revendications issues du malaise social mais son organisation se donne pour objectif d’avoir une approche transversale des problèmes sociaux et politiques révélés par les pratiques professionnelles. En ce sens, l’ADA travaille avec d’autres organisations comme le Réseau Éducation Sans Frontières, Sauvons l'Université, Sauvons la Recherche, ou le Syndicat de la magistrature. C’est un remarquable orateur, généreux et pédagogue
Etienne GRUILLOT, philosophe
Professeur agrégé de philosophie à Dijon, il a écrit pour France-Culture les chroniques de l’émission « La vie comme elle va » plébiscitées par les auditeurs et éditées au Seuil. Méditations vagabondes qui contiennent le dedans et le dehors des choses et des êtres, elles parlent de l’ailleurs à défaut de parler d’ailleurs. Il est un philosophe contrasté et sensible, un philosophe de la vie de tous les jours, des instants qui viennent, de ce qui arrive et de qu'on entend et de tout ce qui pourrait paraître anodin à quoi il cherche à donner du sens. Il a publié récemment « Faut-il tolérer toutes les idées ? ». Excellent orateur, il sait mettre la philosophie à la portée de tous avec un grand talent pédagogique empreint de simplicité...
Jean-Marie GUEULLETTE, professeur de théologie, philosophe, médecin et prêtre.
Médecin de formation, il possède un doctorat en théologie et est titulaire de l'habilitation à diriger des recherches en Histoire. Professeur à l’université catholique de Lyon, il y dirige le Centre Interdisciplinaire d’Ethique. Ses recherches portent aujourd'hui sur les questions que pose à la pratique et à l'éthique médicale le développement de médecines complémentaires, en particulier l'ostéopathie. Il a publié une quinzaine d'ouvrages, dont "L'ostéopathie une autre médecine", aux Presses universitaires de Rennes, et "La beauté d'un geste" aux Editions du Cerf.
Marc HALEVY, philosophe et sociologue
Marc Halévy est un physicien et philosophe français, né à Bruxelles le 3 mai 1953, spécialisé dans les sciences de la complexité tant du point de vue théorique fondamental que du point de vue de leurs applications à l'économie et à la prospective.
Marc Halévy a fait ses études à l'école polytechnique de Bruxelles avec une spécialisation en physique nucléaire. En 1973, il devient élève d'Ilya Prigogine, prix Nobel de chimie 1977, grâce auquel il s'engage dans le développement théorique de la physique des systèmes et processus complexes, discipline qu’il applique plus spécifiquement aux univers de la prospective, de l’économie et du management. En parallèle, il mène des études de MBA et en philosophie et histoire des religions1. Après 1982, il exerce la profession de manager de crise lors de nombreuses missions s'étalant sur plus de dix ans. Jusqu'en 1993, il passe la majeure partie de sa vie aux USA[réf. nécessaire].

Il est l'auteur de plus de cinquante ouvrages de prospective, science, spiritualité et philosophie. Il écrit sur la Kabbale, le taoïsme et la franc-maçonnerie, et sur leur convergence avec les vues de la physique contemporaine.

On lui doit l'idée de l'accumulation du temps – le temps ne passe pas, il s'accumule – et des théories dérivées de la panmnésie et des homéomnésies pour rendre compte des processus d'autopoïèse.
Delphine HORVILLEUR, rabbin et essayiste
Après avoir suivi des études de sciences médicales à l'université Hadassa de Jérusalem pendant lesquelles elle est mannequin, elle s'est inscrite à l'école de journalisme du CELSA à Paris. Journaliste à France 2 de 2000 à 2003, Delphine Horvilleur travaille au bureau de France 2 à Jérusalem puis devient correspondante de RCJ à New York où elle étudie au séminaire rabbinique du mouvement réformé Hebrew Union College et où elle reçoit son ordination rabbinique (smikha) en mai 2008.
Delphine Horvilleur est rabbin du MJLF au centre de Beaugrenelle à Paris, depuis la rentrée 2008.
En 2003, Delphine Horvilleur a fondé un cercle d'étude juive interactif, le Café biblique. Avec Célia Surget, elle organise les offices de Shabbat Alef (office pour les jeunes enfants sous forme de conte musical) et de Shabbat Zimra (office musical mêlant mélodies traditionnelles et créations contemporaines).
Delphine Horvilleur intervient dans l'émission "La Source de vie" de Josy Eisenberg sur France 2. Elle publie dans Le Monde, Le Figaro ou Elle. De 2012 à 2014, elle a publié une chronique permanente dans "Le Monde des Religions".
En mars 2014, elle est choisie par le magazine L’Express comme une des neuf jeunes intellectuelles françaises constituant "la relève"
Axel KAHN, généticien, chercheur, essayiste et marcheur
Après avoir quitté la présidence de l’Université Paris-V Descartes il s'est lancé dans un périple à pied de 1600 km à travers la France pour entrer en contact "avec des gens enracinés". A la suite de quoi il a écrit deux magnifiques ouvrages : "Entre deux mers" et "Pensées en chemin". C'était le très ancien projet de ce randonneur passionné. Il est l’un des grands intellectuels de notre temps. Fondateur de l’Institut Cochin et directeur de recherches à l’Inserm, il publie depuis de nombreuses années des ouvrages consacrés à l’éthique de la recherche et à la philosophie du monde vivant. Il a fait paraître le best-seller « L’Homme, le Bien, le Mal, une morale sans transcendance » (entretiens avec le philosophe Christian Godin, un de nos conférenciers) et maints ouvrages qui interpellent la foi et la morale à l’aune de la science et de la technique. La question éthique est un fil rouge dans son œuvre et dans sa réflexion.
Alexandre LACROIX, philosophe
Il a publié treize livres et il est actuellement directeur de la rédaction de "Philosophie Magazine". Il enseigne l’écriture créative à Sciences-Po Paris, dirige la collection « Les Grands Mots » chez Autrement.
Marié, il est père de quatre enfants.

Une chronologie subjective :
1975
Je nais à Poitiers.

1981
Un soir à six ans, je prends la décision d’écrire. Je cours au Prisunic acheter des feuilles et rédige, durant les mois suivants, un conte que j’ai perdu, L’Orfelin. Je ne me souviens que des premiers mots : « Il était une fois un orfelin qui marchait le long d’un marécage et qui avait envie de pleurer. » Pourquoi orfelin avec un f ? Parce que j’ignorais tout de l’orthographe.

1986
Année de la mort de mon père, violente, qui annonce la fin de l’enfance. De cet événement, est né l’adulte que je suis devenu. D’un seul coup. Cette brutale irruption de la mort et du deuil dans une vie a été le sujet de mon premier roman, Premières volontés. Mais aussi d’un livre sur l’enfance écrit plus tard et appelé, sans surprise, L’Orfelin. La dépression, la douleur, l’alcool, tous ces orages traversent plusieurs de mes livres.

1998
Cette année-là, je publie mon premier roman. J’obtiens mon diplôme de Sciences-Po et une maîtrise de philosophie. J’ai déjà une licence d’économie dans la poche. Ni agrégation, ni CAPES, ni doctorat, je ne pousserai pas plus loin les études. À mes yeux, ces études étaient surtout une sorte de dette à payer à la société, une manière de m’acquitter d’un devoir. Les cours de philosophie de la Sorbonne, dans les années 1990, étaient désespérants de lenteur et d’ennui ; les professeurs n’ayant aucune estime pour les élèves préparaient à peine les cours et délayaient des commentaires de texte scolaires pour occuper le temps. Je crois que les choses ont changé. L’adieu aux études fut en tout cas un soulagement.

1999-2005
Période la plus formatrice. Je vis à la campagne, dans le sud de la Bourgogne, près de Cluny. Je lis et j’écris toute la journée. J’ai du temps. Peu d’argent (quelques droits d’auteur, quelques piges, quelques cours ici et là…), mais beaucoup, beaucoup de temps. La rencontre avec l’éditeur Roland Jaccard, mais aussi avec Frédéric Pajak, qui dirige le journal L’Imbécile, où publient Philippe Murray, Clément Rosset ou encore Frédéric Schiffter, va être marquante. Ce petit groupe d’auteurs apprécie la noirceur, la pensée négative et le vin. Je me mets à écrire des articles et des reportages pour L’Imbécile.

2005
Retour à Paris après une rencontre décisive avec Fabrice Gerschel, qui veut investir ses propres fonds pour créer un mensuel de philosophie. Le premier du genre. Personne ne croit à cette idée, jugée farfelue. Du coup, il me propose d’être son rédacteur en chef. Dans l’année qui suit, une équipe se compose, Martin Legros et Michel Eltchaninoff rejoignent l’aventure. Le premier numéro de Philosophie Magazine paraît en 2006. Contre l’avis des Cassandre, le succès est au rendez-vous.

2012
Mariage dans la petite commune de Toirano, en Italie, avec Chiara. J’étais contre le mariage. Je ne suis plus contre le mariage. Comme quoi, tout change. La lumière de cette après-midi de mariage, le soleil jouant à perte de vue sur la Méditerranée, était superbe.
Jacques MARBLE, psychanalyste
Psychanalyste à Lyon, membre de l'APJL (Association de Psychanalyse Jacques Lacan)lacanien critique à force de savoir-faire, longtemps psychiatre des Armées, il s’est trouvé confronté à la question du traumatisme pendant la Guerre du Golfe, sujet sur lequel il est déjà intervenu pour le compte des Apprentis Philosophes. Spécialiste des écrits de Freud sur le traumatisme de guerre, il a aussi fréquenté les œuvres de Primo Levi et Jorge Semprun, pour en dégager une portée plus générale. Sa longue expérience de clinicien et sa sagesse naturelle ont su le consoler de toutes les psychanalyses et son art oratoire humble et délié met à la portée de tous les grands principes fondateurs.
Michela MARZANO, philosophe
Aldo NAOURI, pédiatre
Né à Benghazi, en Libye, le 22 décembre 1937 dans la communauté juive libyenne. Après avoir été expulsé de Libye en 1942, Aldo Naouri s'installe en Algérie, puis en 1956 dans la ville de Besançon et enfin à Paris pour suivre des études de médecine[1]. Sa famille le rejoint en 1962. Il termine ses études de médecine en 1966. Aldo Naouri est un pédiatre renommé et spécialiste des relations intrafamiliales français.
Tobie NATHAN, ethnopsychiatre
Docteur en psychologie puis docteur d'État ès-lettres et sciences humaines, il devient professeur de psychologie clinique et pathologique à l'université Paris VIII. Tobie Nathan s'est intéressé à la psychanalyse, puis aux psychothérapies et à l'ethnopsychiatrie. Au cours de ses recherches, il a étudié les dispositifs techniques de nombreux guérisseurs, en Afrique ou au Moyen-Orient. Il est l'un des principaux représentants de l'ethnopsychiatrie, discipline fondée par Georges Devereux, anthropologue et psychanalyste. L'ethnopsychiatrie propose une nouvelle vision de la psychothérapie et du patient, considéré dans son univers familial et surtout culturel. Tobie Nathan dit de l'ethnopsychiatrie que c'est une discipline qui consiste "à ne pas savoir ce que vous savez", qui vous "force à un apprentissage des pensées d'un autre monde", à savoir "apprendre avec les mains", et pas seulement avec les oreilles, Il dit que cette forme de pensée "travaille à partir du savoir qui est dans le monde du patient"
Ecouter Tobie Nathan est un moment de liberté et de jubilation incomparable. Anticonformiste, étonnant, à sa manière révolté, il est un des conférenciers de l'année à ne manquer sous aucun prétexte
Charles PEPIN, philosophe
Agrégé de philosophie et diplômé de Sciences Po Paris et d'HEC Paris. Il enseigne la philosophie à la Maison d'éducation de la Légion d'honneur (Saint Denis) et à Sciences Po. Il a écrit une dizaine de livres traduits dans une vingtaine de pays et est notamment, avec Jul, l'auteur des bandes dessinées best-sellers autour de la philosophie et des philosophes "La Planète des sages" (200 000 exemplaires) et "Platon La Gaffe" (100 000 exemplaires).
Il tint durant quelque temps une chronique de philosophie dans les émissions télévisées "Culture et dépendances" sur France 3, et "En aparté" (Canal +), chroniques qu'il tient aujourd'hui tous les mois dans les magazines, "Transfuge" et "Psychologies magazine". Il a été à deux reprises l'invité de l'émission télévisée d'Arte "Philosophie" présentée par Raphaël Enthoven: sur la mort en 2009 et sur la beauté en 2014. Enfin il participe régulièrement à "Philosophie Magazine", dans lequel il répond chaque mois à une interrogation personnelle d'ordre philosophique, métaphysique ou morale formulée par un lecteur. Depuis 2010, il anime un séminaire philosophique ouvert à tous au cinéma MK2 Hautefeuille, dans le sixième arrondissement, à Paris.
En février 2015 est publié son roman La Joie où il emprunte à Albert Camus, puisqu'il s'inspire de "L’Étranger". Il dit "quand le bonheur est impossible, la joie peut se trouver partout."
Jean-Philippe PIERRON, philosophe
Professeur agrégé et doyen de la faculté de philosophie de Lyon 3, il travaille sur l’éthique générale et le statut de la vérité morale. Il s’inscrit comme un spécialiste d’« éthique et santé », domaine pour lequel il donne cours, colloques et conférences. Sa préoccupation théorique porte sur la santé envisagée essentiellement sous son aspect éthique (le lien entre santé et bonheur). Il a publié en 2003 « On ne choisit pas ses parents. Comment penser la filiation et l’adoption ? ». Il mène actuellement un projet de recherches sur le concept de santé dans son histoire, ses transformations et sa traduction dans la pratique du soin. La place de la question spirituelle à l’époque contemporaine fait partie de ses préoccupations. Il a publié en 2011 Philosophie du soin.
Carole TALON-HUGON, philosophe
Carole Talon-Hugon est professeure agrégée de philosophie, spécialiste d'esthétique, de philosophie de l'art et de théories des émotions.
Elle enseigne à l'université de Nice Sophia Antipolis au département de philosophie. Elle est directrice adjointe du Centre de Recherche en Histoire des Idées (dont elle a été directrice de 2005 à 2012). Elle est membre de l'Institut Universitaire de France depuis 2014 et responsable pour l'université de Nice d'un programme de Recherche ANR « Pouvoir des arts. Expérience esthétique : émotions, savoir, comportements »
Présidente de la Société française d'esthétique, directrice de publication de la Nouvelle revue d'esthétique et directrice de rédaction de la revue de philosophie Noesis, elle a entrepris à l'université Paris IV Sorbonne une thèse en philosophie sur les traités des passions au XVIIe siècle.
Francis WOLFF, philosophe
Ancien élève de de l'Ecole Normale Supérieure (ENS) de la rue d'Ulm, il obtient son agrégation de philosophie en 1974. À la demande de Louis Althusser, il bénéficie d’une cinquième année d'ENS, pendant laquelle il est chargé de cours d’agrégation puis il est élu à l’université de São Paulo en 1980. À son retour, il enseigne comme professeur agrégé au lycée puis est nommé maître de conférences de philosophie à l’Université de Reims, puis à l’École normale supérieure. Il est nommé Professeur des universités (chaire de philosophie ancienne), à l’université Paris-X Nanterre en 1999. Revenu en mai 2001 à l’École normale supérieure, pour y exercer les fonctions de directeur adjoint (Lettres et sciences humaines), il a été nommé professeur des universités de cette institution, en 2004, au département de philosophie, dont il a exercé la direction pendant trois ans. Spécialiste de philosophie antique, notamment d’Aristote, il a écrit un ouvrage d'analyse de la "Politique" qui compte comme une introduction critique incontournable.
De son ouvrage "Pourquoi la musique ?" paru en 2015, il dit : « Lorsque j’étais enfant, j’apprenais la ‟théorie musicale” dans de petits manuels (je ne sais pas s’ils existent encore) partagés en deux : le livret vert des questions et celui rouge des réponses. La première leçon de la première année était la suivante : ‟Qu’est-ce que la musique ?” ; et sur le livret rouge, il était écrit : ‟La musique est l’art des sons”. Quel ne fut pas mon éblouissement, à l’âge de huit ans, en découvrant cette définition. Je ne sais pas si ce fut mon entrée dans la ‟théorie musicale”, mais je crois que ce fut mon entrée en philosophie. Il y avait dans cet énoncé tout le pouvoir magique des formules définitionnelles. Elle concentrait en quelques mots simples le mystère des choses impalpables. Je n’ai guère changé d’opinion : la musique est bien l’art des sons.» De cette définition banale, « la musique est l’art des sons », ce livre tire toutes les conséquences jusqu’aux plus éloignées. Chemin faisant, il répond aux questions que nous nous posons sur la musique et sur les arts. Pourquoi, partout où il y a de l’humanité, y a-t-il de la musique ? Pourquoi la musique nous fait-elle danser ? Et pourquoi nous émeut-elle parfois ? Qu’exprime la musique pure ? Et qu’est-ce que la beauté ? Est-elle dans les choses ou en nous ? Pourquoi tous les êtres humains font-ils des images, des récits, des musiques ? Que nous disent du monde réel ces mondes imaginaires ?
Frédéric WORMS, philosophe
Professeur de philosophie à l'École Normale Supérieure, où il dirige le Centre international d'étude de la philosophie française contemporaine, et membre du Comité consultatif national d'éthique, Frédéric Worms est l'un des plus brillants esprits de la philosophie contemporaine.
Son travail s'organise autour de l'histoire de la philosophie, ainsi que de la philosophie générale, morale et politique.
Dans le premier domaine il est un spécialiste reconnu de l'œuvre de Bergson. Il a aussi développé une hypothèse générale d'histoire de la philosophie (la notion de "moment") appliquée notamment à la philosophie française du XXe siècle dans sa diversité.
Dans le second domaine, il étudie les relations vitales et morales entre les hommes, ainsi que leurs ruptures et violations. Sa réflexion va de la métaphysique à la morale et à la politique, perspective qu'il a notamment appliquée à la question du soin prise dans toutes ses dimensions.
Spécialiste de l'œuvre de Bergson, il est le co-auteur avec Ph.Soulez d'une biographie faisant autorité et il a publié plusieurs ouvrages sur sa pensée, dont "Bergson ou les deux sens de la vie" (PUF Quadrige).
Jean-Jacques WUNENBURGER, philosophe
Professeur agrégé de philosophie, ancien doyen de la faculté de philosophie de Lyon 3, il a publié de nombreux ouvrages dont L’Imaginaire et Le Sacré dans la collection Que sais-je ? On ne peut s’intéresser à l’oeuvre de JJ Wunenburger sans se pencher sur celle de Bachelard dont on peut dire qu’il est l’héritier et le continuateur. Il vient de publier « Freud, science ou religion ? ». Toute son œuvre est une réflexion et une mise en perspective de la notion de sacré. La question de l’image en lien avec le sacré, celle du divin et celle de l’imaginaire sont comme les fils rouges de ses nombreux ouvrages
Tiziana ZALLA, chercheur en sciences cognitives
Tiziana Zalla est Directrice de recherche au CNRS. Ses recherches portent sur la compréhension des processus cognitifs soutenant les compétences et les interactions sociales, ainsi que leur dysfonctionnement dans l’autisme. Après une maîtrise en philosophie des sciences à l’Université "La Sapienza" à Rome, elle a réalisé ses études doctorales en sciences cognitives et neuropsychologie en France avec une thèse de doctorat en sciences cognitives à l’Ecole Polytechnique sur "Unité et multiplicité de la conscience : une étude critique des théories contemporaines à la lumière d'une hypothèse modulariste". Elle a complété sa formation aux Etats Unis au National Institute of Health, à Bethesda, puis à l’Institut des Sciences cognitives à Lyon, où elle a initié des nouvelles recherches avec des enfants et adolescents autistes. Depuis 2005, elle travaille à l’Institut Jean Nicod, au Département d'Etudes Cognitives de l'Ecole normale supérieure, à Paris où elle dirige l’équipe ‘Cognition sociale’. Son équipe fait également partie de la Fondation FondaMental depuis 2007.
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